[Rp] Iyssadae Concordat

Discussion dans 'Roleplay' créé par Alphajim, 13 Août 2015.

  1. Alphajim

    Alphajim Akksul Barram, leader du Concordat d'Iyssada

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    Les Iyssadan, peuple survivant sur une planète gelée, font une découverte fracassante. Eux qui se remettaient à peine de la Guerre des Grands Duchés, voilà qu'à présent ils se posent des questions sur leurs origines. Sur leur réelle identité.

    Découvrez avec eux, au fil de cette histoire, l'épopée des Iyssadan et comment ils ont créé le Iyssadae Concordat. Sur ce, bonne lecture!


    Iyssadae Concordat est composé de plusieurs parties:

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  2. Alphajim

    Alphajim Akksul Barram, leader du Concordat d'Iyssada

    Partie 1 - Histoire Iyssadae (ante Aeri)

    A première vue, Ahnam était largement incompatible avec la vie. D'un diamètre inférieur à la moyenne, cette planète tellurique possédait une fine atmosphère, peu chargée en oxygène. Les températures extrêmement froides qui y régnaient interdisaient toute eau liquide à sa surface, seulement sous sa forme solide, la glace. De grandes plaines gelées et désolées côtoyaient d'immenses montagnes de roche noire. Le jour comme la nuit, le ciel était sombre et froid, conséquence de la grande distance entre Ahnam et son étoile. Cette dernière était une naine rouge, apparaissant simplement comme un petit point lumineux, rouge et à peine visible parmi toutes les autres étoiles. La température ne dépassait jamais les cinquante degrés négatifs. Ahnam aurait pu être belle, mais la luminosité était si faible que le paysage en devenait lugubre.

    Et pourtant, une vie intelligente régnait sur cette planète. Il s'agissait d'une race humanoïde, nommée Iyssadae. Ils étaient d'une taille relativement petite, pour avoir le moins de surface avec l'air possible, afin de ne perdre qu'un minimum d'énergie dans le froid constant de leur planète. Leurs yeux avaient une vue perçante, et leurs pupilles étaient orange vives, telles des braises. Leurs cheveux étaient d'un roux clair, et lorsqu'ils volaient au vent, l'on pouvait facilement les confondre avec des flammes. Leurs dures conditions de vie faisaient qu'ils ne perdaient jamais leur temps; cela représenterait une perte d'énergie inacceptable. De plus un Iyssadan pouvait jeûner des jours, voire des semaines durant s'il était en péril dans une plaine par exemple. En effet, la seule autre forme de vie sur Ahnam, ainsi que la seule nourriture des Iyssadan, était une sorte de mousse sèche qu'ils appelaient Anklamere. Cette dernière ayant muté progressivement lorsque Ahnam devenait inhabitable, elle ne se nourrissait plus que de glace et des minéraux contenus dedans. Le peuple Iyssadan avait naturellement un esprit d’entraide, pour survivre dans cet environnement hostile.

    Leur système social était basé sur différents ducs. Ces derniers gouvernaient chacun une cité souterraine. Chaque duché possédait ses propres lois et dogmes. Il y en avait dix-sept en tout, gouvernés par le Conseil des Ducs, l'Aethakh. Seuls deux duchés menaient les différentes croyances. Le Khahr, duché créé par Ehliot-Khahr, était une cité austère, où la souffrance et la privation étaient omniprésentes. En effet celui-ci prônait une vie de misère et de repentir; car pour ses membres, les Iyssadan furent envoyés sur Ahnam par un dieu, punissant ainsi leur vanité et leur égocentrisme. Ils avaient bâti, dans leur cité souterraine, une grande cathédrale à l'aspect dénudé de tout artifice. Le duché de Ehliot connut une réputation sans tâche durant des décennies, jusqu'à l'arrivée d'un nouveau duché. Le Nehta, instauré par Nehno-Nehta, représentait tout le contraire de l'idéologie du Khahr. Leur cité était opulente et dorée, avec son temple large et richement décoré. Le Nehta affirmait à tous que le dieu ne les avait exilés ici que pour leur apprendre à vivre dans le plaisir et la richesse. Pour les récompenser de quelque héroïsme reconnu par les dieux. Ce dernier duché était de plus le centre économique de toute la planète, avec ses grands marchés et ses auberges luxueuses.

    Durant plusieurs décennies, leurs relations furent de plus en plus tendues. Les deux ducs se parlaient de plus en plus vivement au Conseil des Ducs, les relations diplomatiques étaient toujours plus compliquées pour les ambassadeurs des deux camps. Jusqu'à ce qu'un jeune fanatique fasse exploser une bombe en plein milieu de la place centrale de la cité Nehta, faisant une centaine de morts. Cet attentat fut immédiatement attribué au Khahr. Offensé par cette accusation, Ehliot déclara la guerre à Nehno. S'ensuivit une guerre civile sanglante et sans pitié, opposant d'un côté le Khahr et ses alliés, et de l'autre le Nehta et les duchés lui étant loyaux. Elle dura un peu moins d'un siècle et tua les trois quarts de la population Iyssadan. Cette guerre civile sera nommée la Guerre des Grands Duchés, et ne fut jamais oubliée. Elle massacra littéralement la quasi-totalité des deux Grands Duchés, ne laissant que quelques Iyssadan ayant fui pour survivre. Ehliot et Nehno, derniers survivants de leur dernière bataille, se tuèrent mutuellement au milieu des cadavres gelés de leurs soldats, marquant ainsi la fin de cette guerre ducale. Les duchés du Khahr et du Nehta furent proprement annihilés. Cependant, durant ces décennies de violence, les technologies du peuple Iyssadae avait grandement évolué. Aussi, les survivants de ce carnage eurent les moyens de subsister et de rebâtir leur civilisation.

    Un jeune homme créa quelques mois plus tard le duché Aeri. Il s'appelait Ahlan; sa mère était du Khahr et son père du Nehta. Bouleversé par toute cette violence, produite par une simple question de croyance, il avait cherché les vraies origines du peuple Iyssadan. Dans un vieil entrepôt, il était tombé sur une tablette faite d'une roche extrêmement condensée. A sa surface, une indication spatiale était visible. Ces coordonnées semblaient indiquer l'emplacement de Ioranlo, la Cité Perdue! Une vieille légende racontait en effet qu'une cité antique, ayant abrité leurs ancêtres, était cachée sur Ahnam. Ahlan avait donc pris de quoi survivre et était parti à la recherche de la Cité Perdue. Ses parents ne purent pas s'y opposer, Ahlan ayant plus de la vingtaine, il était par conséquent en âge de prendre ses propres décisions. Après un au revoir sonnant trop comme un adieu, il s'était éloigné dans la plaine glacée, au grand désespoir de ses parents.

    Tous le crurent mort frigorifié par le climat ou par inanition, lorsqu'il ne fut pas revu le mois suivant. Tous sauf ses parents. Ils avaient gardé espoir durant trois mois, jusqu'au retour inespéré de leur fils. Il était revenu avec un objet plat mais lourd, caché sous un carré de drap. Son regard avait changé, il paraissait plus mature, plus sage. Assez émerveillé. Il était revenu beaucoup plus maigre aussi, résultat de son long périple. De tous ceux qui le virent avec cet objet, personne ne sut jamais ce que c'était, quoi que ce puisse être. Même ses parents l'ignorèrent. Il fonda peu après Aeri. C'était de loin le duché le plus secret, mais aussi le plus accueillant envers les réfugiés.
  3. Alphajim

    Alphajim Akksul Barram, leader du Concordat d'Iyssada

    Partie 2 - Histoire Iyssadae (post Aeri)

    Une trentaine d'année s'écoula paisiblement, la reconstruction des cités détruites et le repeuplement étant les plus grandes préoccupations des Iyssadan. Le duché Aeri accueillait beaucoup de réfugiés. Ils étaient si nombreux que leur cité devint rapidement trop petite. Ahlan-Aeri lança donc une campagne de restauration des cités de Khahr et Nehta. Les meilleurs ingénieurs Aerii planchèrent sur les nouveaux plans, et les deux chantiers commencèrent. Le style architectural était typique du duché; chacune des deux cités devait pouvoir accueillir cinq millions d'Iyssadan, soit deux fois et demi la capacité de Aeri et environ cinq fois plus que les quinze autres duchés. Respectant toutes les croyances, Ahlan-Aeri fit rénover la cathédrale Khahr ainsi que l'opulent temple Nehta.

    Cependant, pour reconstruire les deux cités, les ouvriers utilisèrent des outils jusqu'alors inconnus. Ils déblayèrent les débris jonchant le sol avec une machine appelée Déphaseuse; elle séparait toute matière en ses constituants les plus basiques. Personne parmi les scientifiques extérieurs au duché n'avaient eu vent de telles recherches, et Ahlan-Aeri ne voulait rien ajouter, arguant qu'il s'agissait d'un secret très bien gardé du duché. Il répondit de même pour toutes les autres remarques concernant de récentes inventions: les générateurs des cités, ne fonctionnant pas sur un principe de combustion ni même de fission, mais celui de la fusion d'éléments légers comme l'hydrogène; les batteries portables remplacées par des cristaux taillés et limpides; une sorte de véhicule personnel capable de se maintenir en l'air seul, sans roue ni propulseur... Mais toutes ces nouvelles inventions permirent d'accélérer la reconstruction, et en un an les cités furent enfin ouvertes.

    Mais peu après, de nombreux scientifiques et quelques militaires Aerii disparurent de la circulation dans le plus grand secret. Personne ne sut où ils allèrent ni même qu'ils étaient partis. Ils revinrent quelques semaines après, intriguant certains Iyssadan. Lorsqu'ils disparurent pour la deuxième fois, tout le peuple s'en rendit compte et demanda des explications. Le duc ne répondit rien une fois de plus, ce qui provoqua des rassemblements de foules irritées. Malgré toute cette agitation, Ahlan-Aeri ne réagit pas ni ne reparut. Tous finirent par s'en inquiéter. Certains affirmèrent même que le duc était mort. Il n'en était rien, mais il filtra vite, de source sûre, que le Duc était gravement malade, et qu'il avait de grandes chances de mourir. Il avait tous les symptômes d'une irradiation à très grande dose. Il mourut au bout de quelques semaines, au grand malheur de sa fille, Aela.

    Toute la nation Iyssadae fut en deuil, car Ahlan-Aeri était un duc très apprécié de son peuple. Les derniers événements n'avaient rien changé à cela. Comme le voulait la tradition, une prière lui fut adressée des trois villes de Aeri, suivie d'une grande fête d'une semaine en son honneur. Les grands marchés de Khahr, rebâtis par le défunt duc, n'avaient jamais connu un succès si important que lors de cette semaine. Il en fut de même pour le Temple Nehta. Lorsque la semaine fut finie, vint le moment le plus attendu: le duché allait connaître l'identité du nouveau Duc. A la surprise générale, ce fut Aela qui apparut. Jamais, dans toute l'histoire Iyssadan une femme n'avait gouverné un duché. Elle les calma d'un geste de la main, puis parla. Elle les surprit à nouveau: elle ne s'imposa nullement, mais demanda plutôt leur confiance. Elle confia ses craintes et leur demanda leur aide, pour que le duché ne connaisse jamais la misère à cause de son manque d'expérience. Elle leur promit de ne garder aucun secret pour eux; qu'elle mettrait toute sa détermination dans sa tâche. Lorsqu'elle se tut, la foule qui était quelques heures avant en plein désarroi scanda son nom.Elle était devenue la première Duchesse de toute l'histoire Iyssadae.

    Aela-Aeri éluda quelques jours plus tard la question que tous se posaient: où les scientifiques étaient-ils allés et d'où provenaient toutes leurs technologies? Elle s'était assise dans un fauteuil, devant une caméra qui diffusait ses images sur de grands écrans, dans les places centrales des trois cités Aerii. La Duchesse convia ses sujets à faire de même, car ses explications seraient longues.

    Avant de créer Aeri, Ahlan-Aeri était parti en expédition dans une plaine glacée, cherchant la Cité Perdue de Ioranlo. En tombant dans une crevasse, il s'était retrouvé devant une paroi de métal, noire et brillante, d'un alliage inconnu! En longeant la paroi, il avait trouvé une porte défoncée par la glace, fondue depuis. Il s'était aventuré dans cet édifice avec prudence, sortant sa lampe torche. Des lumières s'étaient allumées d'elles-mêmes, progressivement, lorsqu'il avait mis le pied dans la structure. En éteignant sa lampe devenue inutile, il s'était laissé emmener par une plateforme mobile vers une ouverture lumineuse, plus loin. Il avait été aveuglé, mais ce qu'il avait vu ce jour-là l'avait marqué à tout jamais.


    Devant lui s'étendait une énorme ville, visiblement avancée technologiquement; le dôme qui surplombait le tout était immense et transparent, cependant plus solide que le verre, car des dizaines de mètres de glace pesaient dessus; l'ambiance lumineuse était d'un bleu froid et agréable. La plateforme l'avait emmené vers une grande tour en flottant au-dessus de la cité. Il avait mis le pied sur une passerelle, s'étendant droit vers une plateforme statique, circulaire et seul îlot parmi tout le vide de cette hauteur. Ahlan s'y était donc dirigé, détaillant la plateforme vers laquelle il marchait. Sur tout le pourtour, divers écrans ainsi que des claviers tactiles, s'allumant lorsqu'il eût pénétré la structure; sur le sol, d'un alliage plus gris que la coque externe de la cité, se déroulait une inscription en ancien Iyssadae: "Ioranlo, dernier espoir Bethsida".

    Ainsi Ioranlo n'était pas une légende, et les Anciens, leurs ancêtres, se nommaient les Bethsida. Au centre de la plateforme, une table circulaire, lisse et noire. Elle s'était illuminée lorsqu'il l'avait touchée, puis un compartiment s'était ouvert, contenant une tablette en pierre condensée semblable à celle qui l'avait conduite ici, mais intacte et dont la surface polie présentait d'autres inscriptions. Il était ensuite rentré chez lui avec son secret.

    Il y était retourné accompagné de temps à autres, même après la création de Aeri. Il avait découvert un jour que Ioranlo n'était pas qu'une cité très avancée en matière de technologie, mais qu'il s'agissait d'un énorme vaisseau-cité spatial! Les soudaines disparitions de scientifiques n'étaient en fait que des expéditions secrètes pour étudier Ioranlo. C'était ainsi qu'ils avaient adopté leurs nouvelles technologies. Ils avaient trouvé et analysé, en plus des technologies utilisées pour la reconstruction des cités, quelques chasseurs spatiaux intacts qu'ils maîtrisèrent après divers tests plus ou moins fructueux, des armes plus puissantes telles que le laser, de nouvelles propulsions aériennes... De plus, la tablette récupérée par Ahlan-Aeri était un trésor inestimable.

    Sur sa surface apparaissait une galaxie, leur galaxie. Elle était séparée en trois parties: la Galaxie Centrale, la Galaxie Ouest et la Galaxie Est. Un point était nommé, quasiment au nord de la Galaxie Centrale: Ahnam. Ses coordonnées étaient visibles dans un cadre; de même que ceux du trou noir supermassif du centre de la galaxie, origine du repère tridimensionnel de ces coordonnées. Une autre planète était visible, un peu plus au nord-ouest. Son nom était Durandal, en ancien Iyssadae, langue à présent connue sous le nom Bethsida. Si les Iyssadan ne se trompaient pas, il s'agissait de la planète d'origine de leur peuple, qui était vraisemblablement arrivé sur Ahnam à bord de Ioranlo. Il pouvait s'agir de la planète d'origine des Iyssadan!

    Cette dernière révélation causa tout un tollé, qui s'étendit bientôt aux 15 autres duchés. Les opinions étaient scindées en deux: d'un côté ceux qui pensaient que cela ne changeait rien; ceux qui désiraient quant à eux résoudre cette nouvelle énigme. Ces derniers étant en écrasante majorité, Aela-Aeri convia le conseil Aethakh à une séance quant à la conduite à tenir. Elle réussit à presque tous les charmer par une idée folle, mais à présent importante pour presque tous: construire une grande flotte capable de se rendre sur Durandal, afin de découvrir leurs origines.
  4. Alphajim

    Alphajim Akksul Barram, leader du Concordat d'Iyssada

    Partie 3 - Conquête spatiale Iyssadae
    Les mines tournaient en sur-régime avec les nouvelles Déphaseuses pour fournir les matériaux que la flotte nécéssiterait. Les meilleurs ingénieurs Iyssadan planchaient sur les plans de différents vaisseaux, allant du chasseur au croiseur, en passant par des récolteurs. Ces derniers furent développés puis construits assez facilement, grâce au principe de déphasage moléculaire, à un stockage innovant et la propulsion ainsi que la navigation des chasseurs Bethsida. Ils découvrirent que certains matériaux requis pour les propulseurs de gros tonnages tels que Ioranlo ne se trouvaient pas aux alentours de Ahnam, même s'ils détectèrent un de ses isotopes, ayant environ les mêmes propriétés. Ils récoltèrent donc cet élément ne se trouvant que dans certains astéroïdes; ils le nommèrent Tritinium, de par le fait qu'il soit l'isotope du Tritium.

    En huit ans, les Iyssadan bâtirent un énorme chantier spatial, nommé Ahlan-Nehke. Il était si grand et l'atmosphère si ténue que l'on pouvait l'apercevoir des trois cités Aerii. Il possédait les détecteurs les plus puissants jamais réalisés, et de loin les plus grands centres de fabrication automatisés. Les technologies avaient entre-temps bien évolué. Les armements et diverses technologies des chasseurs filiformes n'avaient plus aucun secret pour eux. Ioranlo avait été excavé et de nombreuses structures armées découvertes, ainsi qu'une interface leur permettant d'accéder à une grande banque de donnée Aeri. D'énormes tourelles tirant du plasma avaient été démantelées et analysées, de même pour les quelques canons ioniques encore intacts. Le Tritinium se révéla capital pour une technologie qui les mit tous en émoi. Une énorme structure avait été trouvée, dont la fonction leur était encore inconnue. Ils savaient seulement qu'elle était trop endommagée pour être utilisable et qu'elle consommait énormément d'énergie. Si la traduction du dossier la concernant dans la banque de données trouvée récemment était fiable, alors cette structure grande comme une maison de deux étages, irréparable, était un système de saut hyperspatial!
    Après de nombreux essais sur un module recréé par rétro-ingénierie, cette technologie était à présent maîtrisée, et des tests consistant à aller d'un bout à l'autre du système solaire par sauts hyperspatiaux étaient courants.

    En quatre autres années, un vaisseau-mère, Kharak, fut construit, du moins en partie. Toute la superstructure ainsi que les structures internes de Kharak étaient construites et arrimées au dock dédié, sur une face externe du chantier spatial. La coque était ouverte en de nombreux endroits. Il mesurait plusieurs kilomètres de long; ses deux gigantesques hangars pouvaient accueillir quelques centaines de chasseurs, une seule centaine de corvettes et une vingtaine de frégates, eux aussi produits dans le Ahlan-Nehke; une grande place centrale, autour de laquelle les habitations s'alignaient, offrait une vue sur l'espace au travers d'un immense écran; ses propulseurs titanesques utilisaient le principe d'action-réaction antimatière, créant cette dernière grâce à l'énergie tirée des innombrables réacteurs à fusion embarqués. Le vaisseau possédait aussi un chantier spatial plus petit que celui de Ahlan-Nehke.

    Puis enfin, deux ans furent nécessaires pour qu'il soit entièrement opérationnel. Sa flotte d'escorte étant construite elle aussi, Kharak quitta son dock dans le chantier pour tester ses systèmes. On testa chaque arme, chaque capteur. Les propulseurs fonctionnaient à la perfection; les modules de stockage de ressources et nourritures étaient à leur optimum; la navigation, le ciblage et le traçage du vaisseau réussissaient les tests avec facilité; le module hyperspatial était stable et fonctionnel. Les autres vaisseaux procédant à des tests eux aussi, tous les réussirent. Tout était parfait. On testa donc le dernier élément: le module hyperspatial. Le saut dirigea la flotte au bon endroit, soit en orbite d'une planète voisine; le deuxième, destiné à retourner au chantier, fut aussi une réussite.

    Kharak se réarrima à la structure du Ahlan-Nehke, et le personnel fut embarqué. Aela-Aeri supervisa elle-même l'opération, et prit sa place en tant que commandant de la Flotte Iyssadae. Le vaisseau se désarrima, s'éloigna d'une poussée de ses réacteurs et s'immobilisa. Après un instant de contemplation de son monde, Aela-Aeri enclencha le saut hyperspatial. Les coordonnées furent chargées puis verrouillées. Suivit un éclair qui emporta Kharak et sa flotte. Kharak était parti.
  5. Alphajim

    Alphajim Akksul Barram, leader du Concordat d'Iyssada

    Partie 4 - Voyage vers Durandal

    Le saut hyperspatial devait durer trois semaines. C'était relativement peu, compte tenu des dizaines d'années-lumière séparant Ahnam de Durandal. Mais coincé dans un vaisseau spatial, fut-il de la taille de Kharak, qui ne s'y ennuierait pas au bout d'une seule semaine? Les Iyssadan, venant de tous les duchés, avaient cependant une vue de rêve sur les merveilles que contenait l'espace. Ils allaient si vite que chaque jour, ils traversaient au moins deux systèmes solaires. Ils en profitaient donc pour alimenter leur propre banque de donnée: quelles étoiles étaient les plus communes, de même pour les planètes, ils notaient les coordonnées de chaque nouvelle chose découverte...

    Ils notèrent ainsi que les naines rouges étaient les étoiles les plus nombreuses, suivies par les étoiles jaune de taille moyenne, les naines brunes, les géantes rouges, et enfin les géantes bleues. Du côté des planètes, les géantes gazeuses dominaient de par leur nombre, dépassant largement les planètes telluriques. Venaient en toute fin, et très rarement, les planètes habitables, gouttes d'eau parmi le désert de l'espace.

    Au bout d'une semaine et deux jours, la flotte était entrée depuis peu dans un nuage de gaz. Aela-Aeri était à la passerelle de commandement de Kharak, assise dans son siège et lisant les derniers rapports scientifiques sur la structure du nuage. Elle conversait en même temps avec son second, un certain Khael.

    "C'est assez étonnant mon cher Khael, le nuage semble partir dans n'importe quelle direction, mais pas à la même vitesse ni la même densité, ce qui pourrait expliquer qu'il soit si informe."
    "En effet, Duchesse. Mais il reste toujours à comprendre pourquoi ces paramètres sont si aléatoires..."
    "Oui, nous avons déjà prévu de revenir lorsque nous aur..."


    Elle fut coupée par la voie aiguë d'un jeune technicien:

    "Alerte totale! Tentative d'infiltration de notre système de contrôle! Nous ne pouvons rien faire! L'intrus décrypte tous nos codes en une fraction de secondes..."
    "Isolez le module hyperspatial et les systèmes vitaux, vite!"
    "Je suis désolé, Duchesse, nous avons perdu tous les systèmes critiques de Kharak... [alerte sonore] Le module hyperspatial a été désactivé! Les propulseurs ne répondent pas, et nos transmetteurs longue portée sont grillés!"
    "Ordonnez à tous les équipages de combat et de maintenance de se tenir prêts, nous ne savons rien de l'endroit où nous arrivons!."



    Les Iyssadan étaient en pleine effervescence, et ils réussirent à se rendre à leur poste de justesse. La flotte ralentit très rapidement, passant de plusieurs dizaines de fois la vitesse de la lumière à l'arrêt en quelques dix minutes. Tous étaient tendus, dans l'attente de ce qui allait se passer. Les armes étaient chargées, les vaisseaux sous tension. Le radar indiqua une structure à une cinquantaine de kilomètres. Une sorte de gros... planétoïde? En effet, un énorme bloc de roche, de forme allongée, mesurant pas moins de cinq à sept kilomètres de long, était visible. Le contrôle des systèmes de Kharak semblait venir de cette structure, qui présentait plusieurs gigantesques entrées numérotées, ainsi que du matériel inconnu ou dont la fonction échappait sur le moment aux Iyssadan. Un bip retentit, suivit de plusieurs autres. L'hologramme du scan radar indiquait des objets sortant du planétoïde.

    "De nombreux objets non identifiés font route vers nous, Duchesse!"
    "Lancez tous les vaisseaux disponibles, qu'ils se placent en position défensive autour de Kharak! Et tentez de les contacter..."


    Lorsque les vaisseaux non identifiés furent à portée des radars de proximité, ils tentèrent de les contacter. Tous les essais qu'ils tentèrent furent infructueux. Ils optèrent donc pour un scanner de ces appareils. Ils obtinrent une image, mais le matériau de ces vaisseaux bloquaient les ondes et les empêchaient de voir leur structure interne. L'hologramme affichait le seul modèle semblant composer la flotte inconnue: de la taille d'une corvette, ils étaient composés d'une matière dense et grise sur toute la coque, excepté autour de ce qui semblait être deux armes, leurs deux systèmes de visée et les propulseurs qui étaient en noir, ainsi qu'une bande rouge traversant le vaisseau verticalement en son milieu. Deux parties quasiment distinctes composaient le vaisseau, soient la partie inférieure comprenant les propulseurs et des capteurs à l'avant; la partie supérieure comportant les deux armes ainsi qu'une sorte d'oeil rouge.

    Ils furent rapidement à proximité de la flotte Iyssadae. Toutes les armes étaient tournées vers eux, dans l'attente de l'ordre de tirer. Tous espéraient qu'ils se contenteraient de les repousser en dehors de cette région de l'espace. Mais il n'en fut rien. Les corvettes inconnues rompirent leur formation peu avant les lignes Iyssadan et attaquèrent depuis de multiples directions. Elles étaient très maniable et rapide, et leurs armes étaient l'équivalent en plus léger de leurs canons plasma. Ils firent un véritable carnage parmi les forces Iyssadan, détruisant les frégates aussi facilement que les chasseurs, et causant de graves avaries aux destroyers. Les seuls vaisseaux qui semblaient résister à ce déluge de feu étaient les frégates de Flak et les croiseurs. Les vaisseaux inconnus étaient bien supérieurs en matière de blindage que ceux des Iyssadan, car très peu étaient détruits.

    La seule solution était de trouver leurs points faibles, cependant dès qu'un des vaisseaux aliens était hors de combat, il s'autodétruisait. Ce qui réduisait à néant la possibilité de récupérer une carcasse afin de la scanner. Les aliens s'attaquaient à présent à Kharak, sa flotte de défense se résumant à présent à quatre croiseurs et une quinzaine de frégates de Flak. Aela se mit à réfléchir afin de trouver au plus vite une solution. Il était inacceptable que la quête de Durandal s'arrête ici, après tant d'efforts...

    "Duchesse, et si nous scannions un de ces vaisseaux avec un éclaireur?"
    "Excellente idée!"


    Ce fut le même technicien qui donna cette idée. Aela choisit assez rapidement un adversaire qui semblait être légèrement plus lent et donna l'ordre de l'immobiliser. Toutes les frégates à proximité ainsi qu'un croiseur pratiquèrent des tirs chirurgicaux, ciblant les propulseurs de la corvette. Au bout de longues minutes ce fut fait; le vaisseau partait à la dérive, sans propulsion pour corriger sa trajectoire. Trois frégates de Flak se placèrent en triangle autour de l'appareil, suivant sa course, et un éclaireur fut envoyé. Il fut malheureusement pris en chasse à mi-chemin, et réussit tant bien que mal à atteindre le trio de frégates. Il lança le scanner, qui dura une trentaine de secondes. Plusieurs autres vaisseaux aliens fondirent sur le quatuor, débordant les frégates et ouvrant le feu sur l'éclaireur. Le pilote eut juste le temps de transmettre le résultat du scanner. Sur la carte tactique holographique, un bip s'entendit, et le marqueur de l'éclaireur disparut.

    Le scanner révéla des failles dans la structure de ces corvettes. Leur blindage, présent quasiment sur toute sa surface, absorbait toute l'énergie des tirs essuyés. Cependant les capteurs permettant le pilotage et le guidage des armements étaient sensibles aux ondes de choc. D'où l'avantage des frégates de Flak, ces dernières utilisant des projectiles explosant à proximité de la cible et produisant une onde de choc. Fait troublant, l'alliage et les technologies présentes à bord de ces corvettes étaient tout à fait inconnues et paraissaient anciennes. Il semblait aussi qu'elles étaient automatisées, car il n'y avait aucun espace pour un quelconque équipage. La raison de leur soudaine attaque restait inconnue.

    Les Iyssadan survivants lancèrent la production de dizaines de frégates de Flak, tandis que les dernières encore entières se placèrent en sphère de défense autour de Kharak. Grâce à leurs lignes de production entièrement automatisées et optimisées, ils arrivaient à une moyenne de dix frégates toutes les cinq minutes. Ce fut suffisant pour tenir les corvettes adverses à l'écart. Cependant le module hyperspatial était toujours hors de contrôle, et les meilleurs ingénieurs tentaient attaque sur attaque, afin de pouvoir récupérer le contrôle. Aela ne se faisait aucune illusion: seul un saut hyperspatial pourrait les sauver...

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